Association Française des Souscripteurs de Risques Aggravés

Historique

L’acceptation médicale des risques aggravés n’est pas une nouveauté , c’est un métier difficile, complexe qui existe depuis très longtemps et dont les premières traces remontent au 18ème siècle.

A l’époque les méthodes étaient empiriques, mais dès le 19ème siècle aux Etats-Unis , un médecin et un actuaire ont eu l’idée de faire des statistiques sur la mortalité des candidats refusés par leur compagnie .Forts des résultats obtenus ils se sont lancés dans l’assurance systématique des risques aggravés et ont jetés les bases d’une méthode rationnelle de sélection et de tarification : la méthode numérique qui n’a jamais cessée d’être utilisée et perfectionnée depuis.

Cette méthode consiste à appliquer aux risques aggravés la même méthode statistique que celle appliquée aux risques normaux.

L’assurance vie est une industrie de masse et s'appuie sur la statistique. Sans statistique il ne peut exister de tables de mortalité, ni de primes adéquates.

Les statistiques nous renseignent sur les probabilités de décès (elles donnent le nombre de décès qui surviendront probablement parmi un groupe de personnes du même âge pendant 1 an.)

Quelles statistiques utiliser ? : les statistiques hospitalières , les statistiques démographiques, mais encore et surtout les statistiques d’assurance.

Ces statistiques doivent correspondre aux critères suivants :

  1. L'unité de base de la statistique . L'unité peut être la police, ou l'assuré (qui peut avoir plusieurs polices) ou le capital assuré.
  2. La statistique doit porter sur un grand nombre d'observations afin que des groupes et des sous-groupes puissent être étudiés utilement.
  3. Les diagnostics au moment de la souscription des contrats doivent être exacts pour que les groupes formés soient homogènes. Par exemple, il ne faut pas prendre un cancer de l'utérus pour un fibrome.
  4. Les groupes doivent contenir des assurés sélectionnés selon des principes uniformes. Les résultats seraient inexacts si les tarificateurs ne s'entendaient pas sur les notions de base, par exemple "risque normal" et "risque inassurable".
  5. Les risques doivent être observés pendant de nombreuses années, afin que la statistique embrasse le plus possible d'années d'observation et que la durée moyenne d'observation des risques soit la plus élevée possible.
  6. Les diverses causes de décès doivent être établies avec exactitude ce qui n'est pas toujours le cas.

Comme on peut le voir, établir des statistiques reflétant fidèlement la réalité se heurte à de nombreux obstacles, et il est compliqué de réunir tous les éléments repris ci-dessus.

Les réassureurs, à partir de ces statistiques ont élaboré des barèmes de tarification, ce sont une collecte de toutes les aggravations qu'un assureur peut rencontrer dans son travail de sélection, accompagnées des taux de surmortalité  qu'elles justifient en théorie. Il ne s'agit pas d'une simple transposition des résultats statistiques: il s'agit d'une adaptation qui tient compte des conditions dans lesquelles l'enquête a été faite, des statistiques médicales et démographiques, et des principes en rapport avec la médecine d'assurance. Les assureurs américains et canadiens - et aujourd'hui les grands réassureurs européens - ont chacun leur propre  barème . Ils sont mis à jour à la lumière des travaux statistiques les plus récents, des progrès de la médecine et de la chirurgie, et des expériences faites. A côté des taux de surmortalité proposés, ils contiennent un ensemble d' informations scientifiques destinées aux tarificateurs.

Les  taux donnés par les statistiques et les barèmes pour une affection déterminée ne sont utilisables qu'en assurance-vie. Ils ne correspondent pas à la mortalité générale de cette affection, car ils ne concernent que des cas préalablement sélectionnés.

Il ne faut pas oublier non plus que ces taux représentent une moyenne et ne peuvent donner aucune indication sur la mortalité d'un sujet isolé.

Revenons sur la notion de surmortalité.

La surmortalité est la différence entre la mortalité d’un groupe d’aggravés et la mortalité d’un groupe témoin de risques normaux du même âge. C’est l’expression chiffrée de l’aggravation, elle s’exprime en % de la mortalité normale.

La tarification des risques aggravés est une activité complexe qui ne regarde pas seulement les risques médicaux mais aussi les risques professionnels, sportifs, géopolitiques et financiers.